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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 12:31

Bérénice scolaire, hier au Centre Dramatique national de Nanterre où commence une série de représentations théâtralement des plus médiocres L'œil extérieur de cette production, le metteur en scène, est aussi le directeur, et depuis de nombreuses années, de ce splendide théâtre nanti.

Il a donc pu répéter, travailler, dans des conditions enviées de théâtre en ordre de marche et d'équipe technique à disposition.(37 techniciens intermittents, 14 permanents techniciens, mais sans permanence d'acteurs)

La distribution de Bérénice en comporte 7, partis pour une cinquantaine de représentations à Nanterre.

 

À la demande du metteur en scène que l'on verrait mieux assurer des cours à l'école plutôt que de tâter à l'art, les acteurs détaillent les vers. Ils jouent le mot et décortiquent une explication de texte, pédagogique, aplatissante, laborieuse, vieillotte, y compris dans les introductions potachiques de phrasés comiques. (Simon pour si mon…, putain pour …put involontaire.. etc..)

 

Hormis Martine Vandeville qui restitue dans les quelques répliques de Phénice et par sa concentration d'actrice l'attention tragique, hormis les quelques moments où Hamou Graïa ("Anti-ochus" !) s'échappe par accrocs de son carcan appliqué, les acteurs sont hors Racine, et sa perpétuelle lutte agonale, ses hallucinations, son furtif, sa transe, ses vacillements, ses pertes.

Leur art d'acteur est dévalué. Ceux-là jouent dans Bérénice comme ils liraient du Descartes.

 

L'Empereur Titus,  est particulièrement mal choisi et mal conduit dans le rôle. Assis ou debout, il n'a aucune classe, et porte sans allure un costume de manant. Il a un jeu d'acteur télé, c'est à dire machinal et désinvolte. Le personnage semble être sous la coupe d'un punitif Paulin, lui aussi bien anodin.

Arsace,  issu du Conservatoire National Supérieur de Paris, (2000 jeunes candidats, une vingtaine d'intégrés, trois ans d'études plus deux ans de prise en charge par le Jeune Théâtre national) choisi déjà à plusieurs reprises par le metteur en scène, est particulièrement à côté du rôle dont il ne fait rien. Beaucoup d'acteurs débutants, mais absents de cette distribution, ont plus d'étoffe.

 

Bérénice n'est pas une révélation. Elle est trop verte. C'est une grande fille svelte, un peu raide, qui joue la reine juive. Elle est sans risque. Un peu mieux qu'appliquée. Ne brûle pas et ne touche guère.

 

La très grande bande de plateau disposé en bi-frontal (celui du Phèdre de Vitez à Ivry) contribue pour Bérénice à diluer le resserré de la pièce et son principe tragique bien aussi important que l'unité de lieu et de temps et qui est l'unité de danger. Laquelle, chez Racine organise tout et a une origine unique.

 

Le dossier de presse s'appuie sur Roland Barthes et sur un enseignant de Paris X lequel a publié chez Gallimard un livre attendu depuis deux mille ans "Qu'est - ce que le théâtre ?"

Dans le passage cité par le "dossier pédagogique" l'universitaire prend appui sur ce qu'il a vu des mises en scène du directeur de la structure, éclairant selon lui, le conflit tragique.

S'en suivront rencontres et débats.

L'ambiance lugubre au bar du théâtre déserté par les spectateurs, après le spectacle, l'absence de joie artistique, de désir, de paroles libres, donne un bref aperçu du ligotage auquel seront soumis les malheureux captifs.

 

Quand le culturel tue l'esprit.

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Published by michele-venard.over-blog.com - dans critiques de théâtre
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Michèle Venard lit Alice Munro

2014-2015

2014-2015

 

Metteur en scène d'une quinzaine de spectacles professionnels joués à Paris, en province et à l'étranger, ( dont Kafka, Jarry, Sade...) à la forme théâtrale "rapide, surprenante, esthétique", "mettant comme l'écrit Jean Gillibert, les acteurs en responsabilité de jeu. C'est souvent très fort et peu usité dans le monde actuel, formaliste et esthétisant du théâtre", artiste dramatique, docteur ès lettres et dernière thésarde de Georges Couton, auteur de deux livres d’histoire du théâtre, Michèle Venard, par la lecture expressive, mène aussi, au sein de la compagnie En Perce Théâtre, le projet lectures "à voix haute et nue" © d'auteurs très, peu ou mal entendus.

Atelier nomade souple, suscitant, là où il a lieu, un Studio de Lectures et d'écoute,l'Atelier Permanent de Lectures et d'écoute existe depuis la Revue Parlée de Blaise Gautier au Centre Pompidou,où Michèle Venard, déjà,lisait Gombrowicz, Pound,  ou de Roux... À partir de 2003,  après un accident qui la priva de la marche, elle réactive son activité de lectrice, en province (Kafka, Bachelard, Hardellet, Rilke, Schultz, Bernanos), au Salon International du Livre de Ouessant, à Paris (au Nord-Ouest Claudel, Montherlant, Bloy) à la Maison des Métallos.(mise en scène-événement captée par Radio-France 8 heures de Présence théâtrale de Jean Gillibert, diffusées sur France - Culture),  à la Crypte de la Madeleine ( J-M Turpin)   à la Crypte Saint Denys ( Pierre  Boudot) au théâtre du Centre 6 (Stendhal, Poe, Villiers de l’Isle Adam, James, Verlaine MaupassantTchekhov, Joyce, Yourcenar, Gombrowicz, Highsmith, Mishima), au théâtre Pandora (Woolf, Zweig; Andersen, Pirandello, Moravia, Hemingway, Faulkner, Conrad, Lawrence, Hamsun, Lagerkvist, Morante, Green, Borges, Tanizaki, Andric, Kessel, Morand, Kawabata, Grossman,Giono, Bierce,Rilke, Blixen, Gracq,  London, Baudelaire, Dickens, Cendrars, Jouve, Dostoïevski, Llosa, Wilde, Bounine, Steinbeck, Gide, Joseph Roth, Djuna Barnes

Arthur Rimbaud; Georges Bernanos; Albert Cossery; Michel Ossorguine; Mikhaïl Boulgakov;  Miguel Torga ; F Scott Fitzgerald; Jean-Louis Joliot Albert Camus;  Doris Lessing; Richard Millet; Alice Munro; Gabriel Garcia-Marquez; Paul Gadenne  ...  à l'Odéon (Jean Gillibert) ;  au Grand Auditorium du  Crédit Foncier, au théâtre des  2 Rêves, au théâtre du Petit Hébertot, au théâtre du Gymnase,  au théâtre Branoul de la Haye...

 

"à voix haute et nue"© valorise les circuits courts.

Ainsi, La Compagnie En Perce animée avec l'acteur Christian Fischer, non seulement rédige et actionne des projets artistiques, culturels, ou de formation à l'expression orale et d'initiations à l'art de dire, de Conseil aux dirigeants, des séminaires pour l’Entreprise, mais encore, elle organise, à la demande de ses adhérents, soirées littéraires, (Bachelard à Bar sur Aude, Jean-Marie Turpin à La Madeleine, Pierre Boudot à la Crypte Saint Denys…) lectures, rencontres, conférences, spectacles…

En Perce insuffle, de plus, un nouveau projet, la Fédération de lecteurs

 

 (renseignements à l'issue d'une séance publique)

  programmation saison 2014-2015 «à voix haute et nue»© Lectures publiques de Michèle Venard

Paul Gadenne en lecture publique


 

 

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