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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 16:54

Dans son coup de plume, exprimé dans la dernière Lettre de l’ADAMI, le Président Ogouz a parfaitement raison.

Il est en effet, ignoble que des acteurs, professionnels du théâtre en soit réduits à se produire dans des conditions amateur.

Or, les quelques structures qui actuellement sont encore en mesure de payer leurs salaires et les charges afférentes dépendent de fonds publics. Et ceux-ci s’amenuisent.

Aussi, pour sauvegarder l’emploi de comédiens de théâtre, les plus mal gratifiés financièrement compte tenu, de leur formation, de leur investissement et de leur culture, ADAMI pourrait jouer un rôle de premier plan.

Pourquoi la Commission Dramatique ADAMI, valorisée alors par la prise en compte de critères exclusivement artistiques pour accorder ses aides aux compagnies, ne ferait-elle pas en sorte d’être à l'origine des créations, d’être un tremplin et non plus seulement un renfort, de plus en plus difficile à obtenir et qui le sera de plus en plus avec la paupérisation de la précarité ? Ou bien alors, pourquoi ADAMI n’instaurerait-elle pas une avance sur recettes remboursable comme sa Présidence l’avait fait une fois déjà, au bénéfice du spectacle Tempo qui obtint un Molière ?

Voici pour le Président Ogouz et pour la Société civile pour l’Administration des Droits des Artistes et Musiciens Interprètes, une belle défense du métier et qui permettrait aux acteurs de théâtre d’être mieux traités qu’ils ne le sont actuellement, enclins parfois par inassouvissement et passion aveugle, et en toute liberté personnelle, à se lancer dans des aventures hasardeuses et mal assurées financièrement, alors que l’argent est là, aux mains des mêmes.

Oui, il est indignant que des professionnels du théâtre en soit réduits à se produire dans des conditions amateur.

Faut-il pour cela leur donner la chasse comme le préconise plantureuse ADAMI donnant une leçon de répression à deux Ministères zélés !

Qui, dans notre profession théâtre, souhaite travailler gratuitement ?

 

Et qui aime autant la Mort pour vouloir empêcher des artistes de pouvoir s’exprimer librement au prétexte fallacieux de principes syndicaux légitimes ?

 

 

Michèle Venard

 

 

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 11:53

 

 

Saison 1985-1986, j’engageais Roch Leibovici pour jouer dans Le Roi de Patagonie ou Antoine cousu d’enfant. La production était modeste, mais professionnelle, le projet artistique ambitieux. La Drac Ile de France avait contribué à cette entreprise de la Compagnie En Perce que je dirige avec l’acteur Christian –Fischer lequel venait d’attirer l’attention de Michel Cournot dans Le Monde avec Un Homme véritablement sans qualité qualifié de "chef-d'oeuvre".

Roch était encore élève comédien rue Blanche, plein d’énergie et de vitalité, d’une grande gentillesse, intelligent, fiévreux, désireux. Nous avions beaucoup répété pour le mettre au niveau des autres acteurs et intégré avec sympathie ce débutant encore vert. Il avait ses fans. Je crois que l’école entière où Roch avait passé le bac était venue voir le spectacle! La pièce avait eu comme pour les spectacles précédents et comme l’auraient les suivants, une belle presse nationale. Celle-ci ne serait plus possible aujourd’hui compte tenu et du tentaculaire théâtre d’état qui attribue l’argent aux mêmes, verrouille les plateaux, et de l’omniprésence d’un théâtre bavard et mou, et compte tenu aussi de la raréfaction non seulement de critiques, historiens du regard, mais encore de place dans les colonnes éditoriales pour une réflexion théâtrale intéressante.

Roch, dans la foulée, avait été immédiatement engagé pour jouer Chérubin salle Gémier, puis, admis au Conservatoire, avait préféré entrer dans la carrière comme le lui conseillait Pierre Vial plutôt que de suivre un cycle de formation supplémentaire.

Ainsi, j’ai vu avec les années, Roch, à l’éclat peut-être un  peu terni, et à la spontanéité retravaillée, s’essayer au cinéma et surtout, jouer sur les plateaux des théâtres nationaux. Jamais des rôles éminents, très difficiles à obtenir, cela en est même mystérieux, mais une présence professionnelle, un acteur de fond de troupe, fiable, connu des directeurs metteurs en scène lesquels restent peu soucieux de faire artistiquement progresser les acteurs. Ainsi d’ailleurs se sclérosent les acteurs de l’institution. Leur métier est ingrat. Ils doivent plaire à leurs employeurs et vivent dans l’angoisse de ne pas être rappelés. Ils se verrouillent à leur tour. Peu s’abandonnent; il faut se protéger, sinon ils sont tués. L’art est depuis longtemps absent des panoptiques totalitaires que sont les plateaux nationaux. Réussir à y jouer est un véritable rapport de force et un petit jeu sado-maso. Tenir, possède la vie, et la mine.

 

Vingt ans après Le Roi de Patagonie, j’organise dans un lieu marginal en montant trois de ses pièces, un hommage à l’homme de théâtre Jean Gillibert sur lequel j'ai écrit un livre.

Je réunis une vingtaine d’acteurs parmi ceux qui ont été ses compagnons de route, (dont Bruno Sermonne et Claude Aufaure) et j’ouvre à des gens plus jeunes. Jean Gillibert m’avait écrit une appréciation après avoir  vu ma mise en scène du  Roi de Patagonie et avait pris en compte les acteurs dont Roch. Je venais justement  de l’apercevoir, dans le lointain du plateau d’une production de Lavaudant, aussi,  fais-je  appel à Roch Leibovici pour une partie lecture de la manifestation en pensant bêtement le valoriser par ce choix tant je mets haut Jean Gillibert.

 Roch vient répéter. Puis rebuté par les conditions étroites, la manifestation allait être captée par Radio – France, il me téléphone pour se désengager. C’était son droit le plus strict. Il avait choisi de jouer exclusivement dans l’institution, lorgnait sur l’Allemagne m’expliquant que l’une de ses stratégies était de «prendre un café à Berlin avec les grands metteurs en scène».

Et il semble qu’au bout de vingt cinq ans de carrière, il soit parvenu récemment sur les plateaux subventionnés visés  à des rôles non mineurs.

 

Ainsi, hier, j’ouvre l’Officiel . Roch Leibovici joue dans Les Chaises monté par Luc Bondy, metteur en scène habitué du CDn de Nanterre. Pourquoi lui, Roch, dans ce personnage qui arrive à la fin et n'arrive pas à articuler un mot ?

Mon esprit vagabonde. Je me souviens des Chaises monté par Bernard Ballet au théâtre du Cothurne à Lyon en février 1966. Trois personnages. Janine Berdin et Maurice Bénichou, formidables, jouaient les Vieux et Jean-Luc Boutté, débutant, mon camarade au Conservatoire, acteur inspiré, était l’Orateur. Ionesco était venu. La soirée avait été délicieuse.

C’était dans des temps anciens, avant que le monstre institutionnel avale tout et que le fric écrase les artistes les plus lumineux.

MV

 

 

 

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 13:01

Jeux d’acteurs

 

Ils apparaissent à l’écran TV pour des clips bien montés façon pub, avec des dialogues brefs et puisés dans le franc - parler ordinaire. Des dialogues de BD ou de café théâtre. Du vite écrit, de l’immédiateté prosaïque, comme un cours de langue pour apprendre le français basique, juste pour se débrouiller, sans aucune autre ambition que d’acquérir des automatismes de langage.

Un hachage de scénettes se succède pendant un temps de grande écoute. Elles «mettent en scène» (le terme est bien impropre tant le cadrage systématique est lassant et pauvre, sans doute du vite tourné,) un couple «moderne», au quotidien constamment soumis au dérisoire: amour, amitié, sexualité, fragilité psychique, fidélité, ennui, travail…Ces scénettes-blagues se bouclent sur la systématique frustration de l’un des deux membres du couple et déclenche le rire du pendu chez le spectateur. Vous savez ce rire idiot avec le type au comptoir du café qui dit «je me suis encore foutu en l’air en bagnole» et qui se marre.

 

Il y deux «acteurs» à l’image. Ils sont paraît-il les mieux payés du moment et cette série tournée déjà anciennement a lancé leur carrière. Tant mieux pour eux, ils sont méritants. Déployer tant de séduction racoleuse, de grimaces et tics, tant d’extériorités agitées, de gesticulations forcées, de sourires crispés, de monstrations volontaristes, nécessite un certain entraînement, l’adéquation à une demande utilitaire des producteurs, donc une certaine idée de soi. Une certaine idée du jeu de l’acteur aussi. L'acteur-flipper. On appuie sur un bouton et ça  se met à faire des mines.

 

Mais dans quel état seront-ils, eux, leur filon une fois épuisé ?

Et pour jouer quels rôles et surtout comment ?

On vient de me le dire.

Une fois mariés, ils ont tourné Lucky Luke.

Cqfd.

 

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 12:29

Une amie m’indique L’Entrepôt, lieu culturel, (subventionné en plus des   nombreuses aides Cinéma par l’argent public de la DRAC Île de France, du Centre National du Livre, de la Région Île De France, de la Mairie de Paris) afin d’éventuellement trouver un partenaire, au moins de discussion, pour un projet artistique.

J’appelle, je m’informe et suis très cordialement orientée vers un responsable énervé à la voix, hélas, nasillarde.

Il programme en effet, tous les mardi soirs de 19h15 à 20h30, des "séances gratuites."

Les "prestataires", également bénévoles, "tout ceux qui le souhaitent" viennent lire, jouer, faire de la musique etc... "une fois ".

Cela se passe dans le lieu ouvert bar foyer.

 

Il s'agit donc très exactement d'une animation dans des conditions amateur pour ceux qui, professionnels ou occasionnels de l'amateurisme, font gratuitement spectacle.

 

Et encore, ce garçon au lieu très subventionné, se dit très sollicité et ne se déplace pas pour voir ce que font les artistes.

Il n’a pas le temps.

Air connu. C’était et c’est encore le discours de tous les socio - politiques placés à la tête des théâtres et dédaigneux haineux des artistes, gibiers à chasser des plateaux.

Avec la juxtaposition des activités multiples dans des lieux sans identité précise et présentés comme polyvalents culturels, nouvelles Maisons des Jeunes la prétention en plus et le coût haussé, l’accumulation des émiettements d’activités précaires multiplie le nombre de spectateurs occasionnels donc les partenaires institutionnels bureaucratiques et renforce l’outrecuidance des bénéficiaires.

 

Comment livrer un projet comme le mien à un tel cuistre et pourquoi lui offrir pour faire nombre, une prestation dans son café branché et l'aider ainsi, même modestement, à légitimer ses aides d’argent public ?

 

La recherche continue !

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 13:50

Bonjour, et merci de votre envoi sur " le premier Centre de formation d'Apprentis destiné aux comédiens"

J'ai lu vos documents et leur sollicitation.

 

Votre proposition ne correspond pas à ma pratique :

En ce qui me concerne, lorsque je monte un spectacle, je ne raisonne pas "apprentis"; je fais passer des auditions ou je contacte des acteurs prêts et correspondant aux rôles.

 

Le vrai problème, et votre Studio en Compagnie implantée et subventionnée, semble l'avoir résolu, est comment réussir à monter la production pour payer fabrications, salaires et  charges.

 

Les acteurs déjà formés et bien formés, intelligents, compétents, cultivés, avec une belle envergure personnelle, ne manquent pas.

Quand un metteur en scène n'est ni paresseux, ni cinglé, ni hésitant sur les directions artistiques, il trouvera les acteurs qui conviennent aux rôles et au projet.

Ensuite, se poseront d'autres questions liées à la notoriété des uns et des autres, la réputation, le bouche à oreille des acteurs entre eux, le prestige du lieu, les relations d'équipe ..etc…

 

En ce qui concerne votre projet de CFA (les CFA obéissent à des Normes de Qualité précises) je m'interroge : Comment poser sans cynisme que des jeunes puissent être motivés par 78% du Smic au bout de 5 ans de formation afin d'exercer, s'ils le peuvent, un métier qui est par définition intermittent ?

 

Car vous le voyez bien, ce n'est pas des "difficultés de planning" qui seront à résoudre _ il y en a en effet car l'alternance préconisée marche très mal en Entreprise et aussi pour les emplois de service pour lesquels elle semble faite)-mais des questions de fond qu'il reste étonnant qu'elles ne soient pas posées à la profession tout entière et à ses représentants..

 

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 11:15

La personne avec laquelle j'ai déjeuné récemment a  dîné avec le ministre de la Culture
 a) celui-ci "aimerait " les artistes
 b) n'aurait aucune idée sur la politique culturelle
c) aurait une peur bleue d'avoir sur les bras, comme son prédécesseur,  une grève des intermittents.


Sur ce point il a été rassuré : la profession est sinistrée et ne se mobilisera pas.

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activités d'artiste

Michèle Venard lit Alice Munro

2014-2015

2014-2015

 

Metteur en scène d'une quinzaine de spectacles professionnels joués à Paris, en province et à l'étranger, ( dont Kafka, Jarry, Sade...) à la forme théâtrale "rapide, surprenante, esthétique", "mettant comme l'écrit Jean Gillibert, les acteurs en responsabilité de jeu. C'est souvent très fort et peu usité dans le monde actuel, formaliste et esthétisant du théâtre", artiste dramatique, docteur ès lettres et dernière thésarde de Georges Couton, auteur de deux livres d’histoire du théâtre, Michèle Venard, par la lecture expressive, mène aussi, au sein de la compagnie En Perce Théâtre, le projet lectures "à voix haute et nue" © d'auteurs très, peu ou mal entendus.

Atelier nomade souple, suscitant, là où il a lieu, un Studio de Lectures et d'écoute,l'Atelier Permanent de Lectures et d'écoute existe depuis la Revue Parlée de Blaise Gautier au Centre Pompidou,où Michèle Venard, déjà,lisait Gombrowicz, Pound,  ou de Roux... À partir de 2003,  après un accident qui la priva de la marche, elle réactive son activité de lectrice, en province (Kafka, Bachelard, Hardellet, Rilke, Schultz, Bernanos), au Salon International du Livre de Ouessant, à Paris (au Nord-Ouest Claudel, Montherlant, Bloy) à la Maison des Métallos.(mise en scène-événement captée par Radio-France 8 heures de Présence théâtrale de Jean Gillibert, diffusées sur France - Culture),  à la Crypte de la Madeleine ( J-M Turpin)   à la Crypte Saint Denys ( Pierre  Boudot) au théâtre du Centre 6 (Stendhal, Poe, Villiers de l’Isle Adam, James, Verlaine MaupassantTchekhov, Joyce, Yourcenar, Gombrowicz, Highsmith, Mishima), au théâtre Pandora (Woolf, Zweig; Andersen, Pirandello, Moravia, Hemingway, Faulkner, Conrad, Lawrence, Hamsun, Lagerkvist, Morante, Green, Borges, Tanizaki, Andric, Kessel, Morand, Kawabata, Grossman,Giono, Bierce,Rilke, Blixen, Gracq,  London, Baudelaire, Dickens, Cendrars, Jouve, Dostoïevski, Llosa, Wilde, Bounine, Steinbeck, Gide, Joseph Roth, Djuna Barnes

Arthur Rimbaud; Georges Bernanos; Albert Cossery; Michel Ossorguine; Mikhaïl Boulgakov;  Miguel Torga ; F Scott Fitzgerald; Jean-Louis Joliot Albert Camus;  Doris Lessing; Richard Millet; Alice Munro; Gabriel Garcia-Marquez; Paul Gadenne  ...  à l'Odéon (Jean Gillibert) ;  au Grand Auditorium du  Crédit Foncier, au théâtre des  2 Rêves, au théâtre du Petit Hébertot, au théâtre du Gymnase,  au théâtre Branoul de la Haye...

 

"à voix haute et nue"© valorise les circuits courts.

Ainsi, La Compagnie En Perce animée avec l'acteur Christian Fischer, non seulement rédige et actionne des projets artistiques, culturels, ou de formation à l'expression orale et d'initiations à l'art de dire, de Conseil aux dirigeants, des séminaires pour l’Entreprise, mais encore, elle organise, à la demande de ses adhérents, soirées littéraires, (Bachelard à Bar sur Aude, Jean-Marie Turpin à La Madeleine, Pierre Boudot à la Crypte Saint Denys…) lectures, rencontres, conférences, spectacles…

En Perce insuffle, de plus, un nouveau projet, la Fédération de lecteurs

 

 (renseignements à l'issue d'une séance publique)

  programmation saison 2014-2015 «à voix haute et nue»© Lectures publiques de Michèle Venard

Paul Gadenne en lecture publique


 

 

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