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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 07:07

Atelier permanent de Lectures et d’écoute

  

«à voix haute et nue»©

  

Michèle Venard lit

 

 

mikhaïl boulgakov

 

 

 

Durablement marqué par le massacre de la famille impériale et partisan d'un monarchisme libéral, médecin réquisitionné par l’Armée Blanche, auteur de Carnets d'un jeune médecin et de Morphine (1927), de La Couronne rouge (1922) nés des scènes sanglantes, et des crimes antisémites lors de l'évacuation de Kiev à laquelle il a assisté, censuré en URSS à partir de 1926, Mikhaïl Afanassievitch Boulgakov dont l’œuvre a entièrement vu le jour à l’intérieur de l’ère soviétique, est né à Kiev le 3 mai 1891.

De même qu’il n’a pas craint de se mesurer à Tolstoï et Dostoïevski, il traitera sa ville natale notamment dans La Garde blanche (1925-1929) comme ses prédécesseurs ont élevé Moscou et Saint Petersbourg.

Publications censurées, volumes confisqués, retirés des librairies, pièces commandées tronquées et jamais montées, interdictions, hostilités, critiques haineuses, tel sera dans son pays dont il ne sortira pas, le traitement infligé à Boulgakov. C'est que son œuvre persécutée ne lâche rien sur l'essentiel. Sa vision critique est totale englobant aussi bien le communisme de guerre, que le léninisme, la NEP, la terreur stalinienne. L’exigence absolu du pouvoir marxiste léniniste en place imposant aux artistes de traiter la «réalité», est pour lui un «programme d'abâtardissement et d'uniformisation de l'humanité». Cette entreprise magistrale de destruction doit, pour Boulgakov, être imputée au diable lui-même, embusqué dans la réalité de la vie soviétique qu'il subit, comme dans la réalité de la fiction de l'écrivain. Ce pacte forcé avec le diable hantera sous forme symbolique une partie de son œuvre….

Après avoir reçu la visite clandestine d'Anna Akhmatova interdite de séjour à Moscou, et avoir dicté encore à son épouse des corrections pour Le Maître et Marguerite, Mikhaïl Boulgakov, les reins bloqués, meurt dans de très grandes souffrances, le 10 mars 1940.

 (d'après la notice biographique rédigée par Michèle Venard remise aux spectateurs)

 

Michèle Venard lira des textes brefs de Carnets d’un jeune médecin, des nouvelles et récits et articles de variétés (1919-1927)

 

 

"Michèle Venard lit avec élégance et sûreté" Jean Gillibert

"Loin de tout tapage et de toute aide, certains artistes poursuivent leur chemin sans

faiblesse. Michèle Venard est de ceux là.

Elle a fait depuis très longtemps de la lecture un grand art. Écoutez- la." Armelle

Héliot

 


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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 20:33
Ivan Bounine dont je lirai publiquement des Nouvelles la saison prochaine (2012-2013) est le premier écrivain russe à avoir obtenu le Prix Nobel de littérature (1933) avec son roman "La vie d'Arseniev" "mêlé d'éléments autobiographiques mais surtout servi par une langue d'un raffinement extrême, un défi pour le traducteur, un véritable brocart" écrit Andreï Makine. Pour la première fois un auteur en exil -Ivan Bounine a écrit la majorité de son œuvre en France- recevait alors un prix international.
Né à Voronej en Russie centrale le 22 octobre 1870 dans une famille d'origine noble qui compte une lignée de poètes célèbres, traducteur, poète romancier, il est en 1909 le plus jeune académicien élu de l’Empire russe. La révolution de 1917 qu'il condamne détruira ses assises. Opposé au bolchévisme, il quitte son pays en 1918 et émigre. Il vient s'installer à Grasse, où il restera jusqu'à sa mort survenue en 1953.
À la Libération, l'emprise du communisme sur l'intelligentsia européenne de l'époque étouffe la résonance de son œuvre. Il faudra attendre les années 1980 pour qu'elle soit diffusée en France de manière plus large.
Interdite en URSS, elle n'est publiée qu'après la mort de Staline et ce n’est qu’après la Perestroïka que le public soviétique a pu lire les œuvres de Bounine décrivant les événements de la Révolution d’Octobre.
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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 11:32

Atelier permanent de Lectures et d’écoute

 

«à voix haute et nue»©

une séance par mois, un auteur par séance

 

 

Michèle Venard lit

Jeudi 1er mars à 19h précises  (durée 55’) 

 

fédor dostoïevski

Théâtre Pandora

30, rue Keller 75011 code 32 56 Paris métro Bastille

Réservations obligatoires 01 42 39 21 61

Tarif réduit pour les adhérents à l'Association

 

Pour le calendrier julien de la Russie orthodoxe, Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski est né dans un pavillon de l'hôpital des pauvres de Moscou où son père était médecin, le 30 octobre 1821.

Il a 19 ans quand ce père, homme arrogant et cruel, est assassiné par ses moujiks.

Puis, il paye d'une condamnation à mort commuée en dix ans de bagne son adhésion passagère au socialisme athée. De sa déportation en Sibérie, il tirera Souvenirs de la maison des morts qui paraîtra en 1860. Dans les baraquements, il partage sa vie avec des forçats de droit commun et ce rapprochement avec le peuple russe orthodoxe ira nourrir son mysticisme et plusieurs passages importants de ses livres comme une partie de Crime et Châtiment.

Mais encore, depuis son incarcération en 1849, jusqu'à la publication des Frères Karamazov en 1879, Dostoïevski se trouvera placé sous surveillance des services secrets du tsar qui révisent son courrier, surveillent ses relations, contrôlent ses bagages aux frontières. Sujet à de violentes crises d'épilepsie…(……………)…...

 

Après deux hémorragies et avoir lu dans un évangile ouvert au hasard "Ne me retiens pas" (Matth.III 14), celui qui, au fond de son enfer, avait rencontré le Christ, et que la foi a guidé dans sa vie privée, dans sa vie d'écrivain et dans sa vie politique, meurt le 28 janvier 1881. Son enterrement sera suivi par plus de trente mille personnes.

(extraits de la notice remise gratuitement aux spectateurs et aux adhérents à l'association En Perce Théâtre et Formation, Fédération de lecteurs)

 

Michèle Venard lira la bouffonne Nouvelle, Le Crocodile . 

Ingurgité grotesquement par un crocodile, "produit d'importation", un honorable fonctionnaire, vaticine dans le ventre du monstre et, réclamant l'appui de la presse, ambitionne de porter sa philosophique parole dans les Salons et jusqu'au Tsar.

"Quelle est la propriété fondamentale du crocodile ? la réponse est évidente :avaler les gens"

"Je vais désormais édifier le vain peuple… C'est du fond d'un crocodile que viendront désormais la vérité et la lumière… une théorie nouvelle des rapports économiques modernes…"

"Il nous faut de l'industrie, nous avons trop peu d'industries. Il faut la faire naître. Il faut faire naître des capitaux, donc, il faut créer une classe moyenne, une bourgeoisie, comme on dit. Et vu qu'il n'y a pas de capitaux chez nous, il faut donc les attirer de l'étranger. Il faut tout d'abord donner le champ libre aux compagnies étrangères pour l'achat de nos terres....quand toute la terre sera aux mains des compagnies étrangères qu'on aura attirées dans notre pays, il est clair qu'on pourra fixer le prix qu'on voudra au fermage. Par conséquent le moujik travaillera trois fois plus, rien que pour son pain quotidien; on pourra le congédier quand on voudra, donc il le saura, il sera soumis et appliqué et il produira trois fois plus pour le même prix...."

 

 
  réaction de Jacques Grant
 

Je n'ai pas du tout trouvé ce texte "féroce"...mais au contraire d'une attention émerveillée à l'identité des personnages qu'il crée. A partir du moment où il se permet de donner vie à un être, quel qu'il soit, Dostoïevski le respecte, même s'il s'agit d'un salaud. Et j'ai senti l'humour "savoureux" de cette nouvelle comme une complicité étonnante avec ces drôles de créatures...(--Comme dans toutes ses oeuvres comiques d'ailleurs--L'Eternel mari, le Double et autres Un coeur faible). D'où la force de sa drôlerie--que tu as si contagieusement transmise ce soir !

 

J'applique volontiers à Dost. cette réflexion, qui est pour moi un référent , du (très grand) viennois Hofmannsthal : "Toute représentation d'un être est déjà une indiscrétion ; expier ce vice originel par une activité contraire qu'on ne peut qualifier que de religieuse, c'est le sens de tout effort supérieur en art." --"Le Crocodile" (et c'est d'autant + admirable que c'est une oeuvre comique) ne peut être conçu que par un homme qui établit des relations de contemplation avec ses créatures... (Je me disais également en t'écoutant que c'est un écrit d'un genre plus baroque que burlesque, ce qu'il est aussi bien sûr).

 

 

MV Je vois ce que tu as ressenti et élaboré . Moi, je maîtrise très peu du sens compris par moi en amont. Je vais en avant. Je suis dans le rythme. Je pars pour un voyage. Ce que je peux comprendre lors de la lecture des yeux en chambre se transforme et m'échappe avec le passage à la mise en son et ce dès la première répétition chez moi. Bien heureusement. Sinon je serai dans l'explicatif, le pédagogique, l'intentionnel, le prouvé. Ce que je veux, c'est m'envoler. Et si les spectateurs s'accrochent à la comète, nous voguons... c'est une impression formidable. Merci de ce que tu dis. Bises et à bientôt mon cher Jacques

 
 
 
 
 

 

 

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 11:59

URSS

Vassili Semionovitch Grossman

12 décembre 1905 (Berditchev.-Ukraine)- 14 septembre 1964 (Moscou)

 

…..Membre en 1937 de l'Union des écrivains soviétiques…..Ses chroniques, récits et réflexions paraissent dans le journal de l'Armée Rouge et sont diffusés à l'Ouest. Le Parti Communiste Français en publiera une sélection consacrée à la bataille de Stalingrad à laquelle Grossman a assisté et qui sera le pivot de Vie et destin. (publié par l'âge d'homme en 1980) Ce livre, fondé sur les expériences de Vassili Grossman dans l'état totalitaire qui soumet l'individu, et peuplé de personnages observés sur le vif, embrasse le second conflit mondial, décrit l'univers concentrationnaire et perçoit, en pionnier, les proximités du nazisme et du stalinisme.

En février 1961 les officiers de la police politique débarquent chez Grossman, et, s'ils ne massacrent plus les corps, arrêtent le manuscrit, saisissent les brouillons, et cadenassent la pensée.

Interdit de publication, Grossman continue d'écrire des textes brefs

Il meurt d'un cancer de l’estomac le sans avoir su si ces textes seraient un jour publiés. C'est bien après sa mort que son ami Lipkine en fera parvenir les manuscrits en Occident. La publication en 1988 de Vie et Destin en Russie coïncidera avec la fin du régime soviétique.

 

Michèle Venard

(

Extrait de la notice remise aux spectateurs)

 

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 18:10

Russie

Anton Tchekhov

17 janvier 1860 (Tangarog) - 2 juillet 1904 (Badenweiler)

44 ans

«Ce que les écrivains nobles prenaient gratuitement à la nature, les écrivains roturiers l’achètent au prix de leur jeunesse. écrivez donc un récit où un jeune homme, fils de serf, ancien commis-épicier, choriste à l’église, lycéen puis étudiant, entraîné à respecter les grades, à embrasser les mains des popes, à vénérer les pensées d’autrui, reconnaissant pour chaque bouchée de pain, maintes fois fouetté, qui a été donner des leçons sans caoutchouc aux pieds, qui s’est battu, qui a tourmenté des animaux, qui aimait déjeuner chez des parents riches, qui fait l’hypocrite avec Dieu et avec les gens sans aucune nécessité, par simple conscience de son néant, montrez comment ce jeune homme extrait de lui goutte à goutte l’esclave, comment un beau matin en se réveillant, il sent que dans ses veines coule non plus du sang d’esclave, mais un vrai sang d’homme.»

Anton Tchekhov.

 

 

Anton Pavlovitch Tchekhov est d’ascendance serve dans la Russie tsariste.

Il naît à Taganrog en Crimée le 17 janvier 1860, un an avant l’abolition du servage, trois avant l’écriture par Tolstoï de Guerre et Paix, cinq avant l’année du premier attentat contre le tsar Alexandre II, l’année même où Dostoïevski rédige Crime et Châtiment, et dix ans avant la naissance de Lénine.

 

Son père, serf jusqu’en 1841, tient un déficitaire commerce d’épicier et devra fuir secrètement Taganrog en 1876 pour échapper à la prison pour dettes. Il rejoint alors ses fils aînés Alexandre et Nicolas qui font leurs études à Moscou. Anton les retrouvera en 1879, dans le sous-sol exigu et humide où ils vivent, avec Eugénie, la mère, Ivan, Michel et Marie les trois autres enfants.

Anton Tchekhov est depuis son enfance à la fois de santé précaire et passionné par le théâtre.

Dès l’âge de 15 ans, il écrit de courtes pièces pour des spectacles

Michèle Venard

 

(extrait de la notice biographique remise aux spectateurs et aux adhérents)

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Présentation

  • : Le blog de michele-venard.over-blog.com
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  • : Lectures publiques d'auteurs de la littérature mondiale. Critiques en mémoire. Les historiens du regard mémoires pour servir à l'histoire du théâtre
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activités d'artiste

Michèle Venard lit Alice Munro

2014-2015

2014-2015

 

Metteur en scène d'une quinzaine de spectacles professionnels joués à Paris, en province et à l'étranger, ( dont Kafka, Jarry, Sade...) à la forme théâtrale "rapide, surprenante, esthétique", "mettant comme l'écrit Jean Gillibert, les acteurs en responsabilité de jeu. C'est souvent très fort et peu usité dans le monde actuel, formaliste et esthétisant du théâtre", artiste dramatique, docteur ès lettres et dernière thésarde de Georges Couton, auteur de deux livres d’histoire du théâtre, Michèle Venard, par la lecture expressive, mène aussi, au sein de la compagnie En Perce Théâtre, le projet lectures "à voix haute et nue" © d'auteurs très, peu ou mal entendus.

Atelier nomade souple, suscitant, là où il a lieu, un Studio de Lectures et d'écoute,l'Atelier Permanent de Lectures et d'écoute existe depuis la Revue Parlée de Blaise Gautier au Centre Pompidou,où Michèle Venard, déjà,lisait Gombrowicz, Pound,  ou de Roux... À partir de 2003,  après un accident qui la priva de la marche, elle réactive son activité de lectrice, en province (Kafka, Bachelard, Hardellet, Rilke, Schultz, Bernanos), au Salon International du Livre de Ouessant, à Paris (au Nord-Ouest Claudel, Montherlant, Bloy) à la Maison des Métallos.(mise en scène-événement captée par Radio-France 8 heures de Présence théâtrale de Jean Gillibert, diffusées sur France - Culture),  à la Crypte de la Madeleine ( J-M Turpin)   à la Crypte Saint Denys ( Pierre  Boudot) au théâtre du Centre 6 (Stendhal, Poe, Villiers de l’Isle Adam, James, Verlaine MaupassantTchekhov, Joyce, Yourcenar, Gombrowicz, Highsmith, Mishima), au théâtre Pandora (Woolf, Zweig; Andersen, Pirandello, Moravia, Hemingway, Faulkner, Conrad, Lawrence, Hamsun, Lagerkvist, Morante, Green, Borges, Tanizaki, Andric, Kessel, Morand, Kawabata, Grossman,Giono, Bierce,Rilke, Blixen, Gracq,  London, Baudelaire, Dickens, Cendrars, Jouve, Dostoïevski, Llosa, Wilde, Bounine, Steinbeck, Gide, Joseph Roth, Djuna Barnes

Arthur Rimbaud; Georges Bernanos; Albert Cossery; Michel Ossorguine; Mikhaïl Boulgakov;  Miguel Torga ; F Scott Fitzgerald; Jean-Louis Joliot Albert Camus;  Doris Lessing; Richard Millet; Alice Munro; Gabriel Garcia-Marquez; Paul Gadenne  ...  à l'Odéon (Jean Gillibert) ;  au Grand Auditorium du  Crédit Foncier, au théâtre des  2 Rêves, au théâtre du Petit Hébertot, au théâtre du Gymnase,  au théâtre Branoul de la Haye...

 

"à voix haute et nue"© valorise les circuits courts.

Ainsi, La Compagnie En Perce animée avec l'acteur Christian Fischer, non seulement rédige et actionne des projets artistiques, culturels, ou de formation à l'expression orale et d'initiations à l'art de dire, de Conseil aux dirigeants, des séminaires pour l’Entreprise, mais encore, elle organise, à la demande de ses adhérents, soirées littéraires, (Bachelard à Bar sur Aude, Jean-Marie Turpin à La Madeleine, Pierre Boudot à la Crypte Saint Denys…) lectures, rencontres, conférences, spectacles…

En Perce insuffle, de plus, un nouveau projet, la Fédération de lecteurs

 

 (renseignements à l'issue d'une séance publique)

  programmation saison 2014-2015 «à voix haute et nue»© Lectures publiques de Michèle Venard

Paul Gadenne en lecture publique


 

 

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