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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 11:53

 

 

Saison 1985-1986, j’engageais Roch Leibovici pour jouer dans Le Roi de Patagonie ou Antoine cousu d’enfant. La production était modeste, mais professionnelle, le projet artistique ambitieux. La Drac Ile de France avait contribué à cette entreprise de la Compagnie En Perce que je dirige avec l’acteur Christian –Fischer lequel venait d’attirer l’attention de Michel Cournot dans Le Monde avec Un Homme véritablement sans qualité qualifié de "chef-d'oeuvre".

Roch était encore élève comédien rue Blanche, plein d’énergie et de vitalité, d’une grande gentillesse, intelligent, fiévreux, désireux. Nous avions beaucoup répété pour le mettre au niveau des autres acteurs et intégré avec sympathie ce débutant encore vert. Il avait ses fans. Je crois que l’école entière où Roch avait passé le bac était venue voir le spectacle! La pièce avait eu comme pour les spectacles précédents et comme l’auraient les suivants, une belle presse nationale. Celle-ci ne serait plus possible aujourd’hui compte tenu et du tentaculaire théâtre d’état qui attribue l’argent aux mêmes, verrouille les plateaux, et de l’omniprésence d’un théâtre bavard et mou, et compte tenu aussi de la raréfaction non seulement de critiques, historiens du regard, mais encore de place dans les colonnes éditoriales pour une réflexion théâtrale intéressante.

Roch, dans la foulée, avait été immédiatement engagé pour jouer Chérubin salle Gémier, puis, admis au Conservatoire, avait préféré entrer dans la carrière comme le lui conseillait Pierre Vial plutôt que de suivre un cycle de formation supplémentaire.

Ainsi, j’ai vu avec les années, Roch, à l’éclat peut-être un  peu terni, et à la spontanéité retravaillée, s’essayer au cinéma et surtout, jouer sur les plateaux des théâtres nationaux. Jamais des rôles éminents, très difficiles à obtenir, cela en est même mystérieux, mais une présence professionnelle, un acteur de fond de troupe, fiable, connu des directeurs metteurs en scène lesquels restent peu soucieux de faire artistiquement progresser les acteurs. Ainsi d’ailleurs se sclérosent les acteurs de l’institution. Leur métier est ingrat. Ils doivent plaire à leurs employeurs et vivent dans l’angoisse de ne pas être rappelés. Ils se verrouillent à leur tour. Peu s’abandonnent; il faut se protéger, sinon ils sont tués. L’art est depuis longtemps absent des panoptiques totalitaires que sont les plateaux nationaux. Réussir à y jouer est un véritable rapport de force et un petit jeu sado-maso. Tenir, possède la vie, et la mine.

 

Vingt ans après Le Roi de Patagonie, j’organise dans un lieu marginal en montant trois de ses pièces, un hommage à l’homme de théâtre Jean Gillibert sur lequel j'ai écrit un livre.

Je réunis une vingtaine d’acteurs parmi ceux qui ont été ses compagnons de route, (dont Bruno Sermonne et Claude Aufaure) et j’ouvre à des gens plus jeunes. Jean Gillibert m’avait écrit une appréciation après avoir  vu ma mise en scène du  Roi de Patagonie et avait pris en compte les acteurs dont Roch. Je venais justement  de l’apercevoir, dans le lointain du plateau d’une production de Lavaudant, aussi,  fais-je  appel à Roch Leibovici pour une partie lecture de la manifestation en pensant bêtement le valoriser par ce choix tant je mets haut Jean Gillibert.

 Roch vient répéter. Puis rebuté par les conditions étroites, la manifestation allait être captée par Radio – France, il me téléphone pour se désengager. C’était son droit le plus strict. Il avait choisi de jouer exclusivement dans l’institution, lorgnait sur l’Allemagne m’expliquant que l’une de ses stratégies était de «prendre un café à Berlin avec les grands metteurs en scène».

Et il semble qu’au bout de vingt cinq ans de carrière, il soit parvenu récemment sur les plateaux subventionnés visés  à des rôles non mineurs.

 

Ainsi, hier, j’ouvre l’Officiel . Roch Leibovici joue dans Les Chaises monté par Luc Bondy, metteur en scène habitué du CDn de Nanterre. Pourquoi lui, Roch, dans ce personnage qui arrive à la fin et n'arrive pas à articuler un mot ?

Mon esprit vagabonde. Je me souviens des Chaises monté par Bernard Ballet au théâtre du Cothurne à Lyon en février 1966. Trois personnages. Janine Berdin et Maurice Bénichou, formidables, jouaient les Vieux et Jean-Luc Boutté, débutant, mon camarade au Conservatoire, acteur inspiré, était l’Orateur. Ionesco était venu. La soirée avait été délicieuse.

C’était dans des temps anciens, avant que le monstre institutionnel avale tout et que le fric écrase les artistes les plus lumineux.

MV

 

 

 

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Michèle Venard lit Alice Munro

2014-2015

2014-2015

 

Metteur en scène d'une quinzaine de spectacles professionnels joués à Paris, en province et à l'étranger, ( dont Kafka, Jarry, Sade...) à la forme théâtrale "rapide, surprenante, esthétique", "mettant comme l'écrit Jean Gillibert, les acteurs en responsabilité de jeu. C'est souvent très fort et peu usité dans le monde actuel, formaliste et esthétisant du théâtre", artiste dramatique, docteur ès lettres et dernière thésarde de Georges Couton, auteur de deux livres d’histoire du théâtre, Michèle Venard, par la lecture expressive, mène aussi, au sein de la compagnie En Perce Théâtre, le projet lectures "à voix haute et nue" © d'auteurs très, peu ou mal entendus.

Atelier nomade souple, suscitant, là où il a lieu, un Studio de Lectures et d'écoute,l'Atelier Permanent de Lectures et d'écoute existe depuis la Revue Parlée de Blaise Gautier au Centre Pompidou,où Michèle Venard, déjà,lisait Gombrowicz, Pound,  ou de Roux... À partir de 2003,  après un accident qui la priva de la marche, elle réactive son activité de lectrice, en province (Kafka, Bachelard, Hardellet, Rilke, Schultz, Bernanos), au Salon International du Livre de Ouessant, à Paris (au Nord-Ouest Claudel, Montherlant, Bloy) à la Maison des Métallos.(mise en scène-événement captée par Radio-France 8 heures de Présence théâtrale de Jean Gillibert, diffusées sur France - Culture),  à la Crypte de la Madeleine ( J-M Turpin)   à la Crypte Saint Denys ( Pierre  Boudot) au théâtre du Centre 6 (Stendhal, Poe, Villiers de l’Isle Adam, James, Verlaine MaupassantTchekhov, Joyce, Yourcenar, Gombrowicz, Highsmith, Mishima), au théâtre Pandora (Woolf, Zweig; Andersen, Pirandello, Moravia, Hemingway, Faulkner, Conrad, Lawrence, Hamsun, Lagerkvist, Morante, Green, Borges, Tanizaki, Andric, Kessel, Morand, Kawabata, Grossman,Giono, Bierce,Rilke, Blixen, Gracq,  London, Baudelaire, Dickens, Cendrars, Jouve, Dostoïevski, Llosa, Wilde, Bounine, Steinbeck, Gide, Joseph Roth, Djuna Barnes

Arthur Rimbaud; Georges Bernanos; Albert Cossery; Michel Ossorguine; Mikhaïl Boulgakov;  Miguel Torga ; F Scott Fitzgerald; Jean-Louis Joliot Albert Camus;  Doris Lessing; Richard Millet; Alice Munro; Gabriel Garcia-Marquez; Paul Gadenne  ...  à l'Odéon (Jean Gillibert) ;  au Grand Auditorium du  Crédit Foncier, au théâtre des  2 Rêves, au théâtre du Petit Hébertot, au théâtre du Gymnase,  au théâtre Branoul de la Haye...

 

"à voix haute et nue"© valorise les circuits courts.

Ainsi, La Compagnie En Perce animée avec l'acteur Christian Fischer, non seulement rédige et actionne des projets artistiques, culturels, ou de formation à l'expression orale et d'initiations à l'art de dire, de Conseil aux dirigeants, des séminaires pour l’Entreprise, mais encore, elle organise, à la demande de ses adhérents, soirées littéraires, (Bachelard à Bar sur Aude, Jean-Marie Turpin à La Madeleine, Pierre Boudot à la Crypte Saint Denys…) lectures, rencontres, conférences, spectacles…

En Perce insuffle, de plus, un nouveau projet, la Fédération de lecteurs

 

 (renseignements à l'issue d'une séance publique)

  programmation saison 2014-2015 «à voix haute et nue»© Lectures publiques de Michèle Venard

Paul Gadenne en lecture publique


 

 

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