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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 11:48

"J'ai contourné l'obstacle avec quelques règles morales qui semblent l'évidence : ne pas tromper les gens, ne voler personne, ne pas perdre son âme en louant les salles et en exploitant les plus faibles et, surtout, rester libre." J-L J

 

La collection "Coups de gueule et engagement" des éditions Atlande comporte déjà un certain nombre de volumes publiés : Le Manifeste des désobéissants; La Voie étroite; Cultivez vos enfants; Agir en fonctionnaire de l'état de façon éthique et responsable; et propose une ligne Pour en finir avec – "l'art poubelle", "le rayonnement de la France", "les étrangers", "la crise du cinéma français", "l'exception culturelle"…) afin disent les éditeurs Lemarchand et Mirroir "mettre au cœur des débats des sujets cruciaux pour l'avenir de la France en confiant à des professionnels de premier plan le soin de rédiger des ouvrages incisifs qui interpellent".

Donc, Jean Luc Jeener vient de rédiger un "Pour en finir avec les Intermittents du spectacle". À partir de trente années de sa propre expérience de porteur de projets artistiques et de direction d'un théâtre considéré comme marginal, pauvre en moyens financiers, mais inscrit dans la Cité, le praticien artiste Jean Luc Jeener témoigne de ses expériences avec simplicité et dignité. Ainsi font ceux qui, hors de tout poste de Grands Commis Culturels, ont conduit ou conduisent encore des aventures artistiques véritables, souvent sacrificielles, toujours originales car singulières. Je pense, pour nos contemporains, aussi bien à François Joxe, revu récemment, qu'à Jean Gillibert (né en 25) et dont Les Illusiades, l'Acteur en création, l'Esprit du théâtre ainsi que sa trentaine de pièces éditées,- le rêve d'une pensée-, manifestes audacieux au service d'un théâtre de l'incarnation, en prises directe avec l'Histoire, participent de l'Esprit du monde.

Car, la singularité du parcours de Jeener dédaigné par les fonctionnaires "chercheurs" de l'université ou du CNRS comme par la Revue marxiste "Théâtre Public" ou la revue "Ubu", subventionnées et attelées à célébrer les ténors Officiels et européens, est en tout point conforme à sa vision du monde et à sa vision passionnée du théâtre.

Jean-Luc Jeener a inventé quelque chose d'autre qui est le Théâtre du Nord-Ouest au fonctionnement particulier et dont l'existence même déchaîne une ire mauvaise (cf. article précédent dans "Les artistes parlent aux artistes" "Est-ce si détestable?").

Jean – Luc Jeener est un homme doux, c'est-à-dire sans méchanceté. Il est dans la compréhension des motivations des uns et des autres, grandes, petites ou basses. Il n'a aucune agressivité qui le disqualifierait d'emblée et ferait ricaner ses détracteurs puissants ou misérables. Il n'a pas de conflits personnels avec les uns ou les autres qui cependant, dans les faits, persécutent et cherchent à tuer. Il les voit comme ils sont. Dans le corps de son ouvrage, (Lisez et faites lire les courts et forts chapitres "désintérêt du politique", "désintérêt des artistes", "l'enfermement de la profession", "des bâtons dans les roues", "l'intermittence du spectacle" et leurs notes pertinentes où Jean-Luc Jeener, mesuré mais bouillant, s'autorise à de sains échauffements), J-L Jeener décrit des situations vécues et s'appuie sur des exemples précis. Il rend compte des attaques malignes, syndicales, politiques, corporatistes, dont il fait l'objet et auxquelles il répond avec une ardeur maîtrisée et pacificatrice, un appel au bon sens et à l'amour du théâtre. Sa patience est infinie mais il n'est dupe de rien. Il sait le blocage des œuvres et des êtres tant le verrouillage institutionnel du riche théâtre "service public" est fort, et sectaire, voire hostile à la différence. Simplement, il a fait "à côté", autrement, quelque chose de différent, et le voilà maintenant acculé par le rouleau compresseur des Bureaux alimenté par les traîtrises, les mensonges, la délation, l'infamie.

Aussi, à l'hallali, alors qu'il n'est pas seul contre tous et que de nombreuses voix s'élèvent pour dire aussi  le Vrai, lui,  pour continuer de lutter, pour sauver ce qui doit l'être, il déploie, sensée et vivante, sa colère, la Juste Colère, Nemesis. Alors que les politiques sacrifient le théâtre et la langue, et s'emploient à mettre au pas les uns et les autres, Jean-Luc Jeener apporte son témoignage incisif en développant ce qu'est la vie certes imparfaite du théâtre du Nord-Ouest, théâtre qui met l'homme et non l'argent, au cœur du projet artistique et de la création. En traitant de l'intermittence qu'il défend pour les comédiens au nom du libre choix et de la qualité artistique si mal menée par ailleurs, il soulève des sujets tabous.

Mais un commentaire est bien piètre. Allez à la source. Lisez ce salutaire fascicule que certains déjà voudraient voir enterré comme selon eux serait enterré le théâtre libre. Cet ouvrage revigorant, nous est donné pour servir à des pans de l'histoire du théâtre de ces dernières années, à la marge où toujours l'art se fabrique, pour sauver ce qui est et ouvrir des champs nouveaux et justes.

Michèle Venard

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Michèle Venard lit Alice Munro

2014-2015

2014-2015

 

Metteur en scène d'une quinzaine de spectacles professionnels joués à Paris, en province et à l'étranger, ( dont Kafka, Jarry, Sade...) à la forme théâtrale "rapide, surprenante, esthétique", "mettant comme l'écrit Jean Gillibert, les acteurs en responsabilité de jeu. C'est souvent très fort et peu usité dans le monde actuel, formaliste et esthétisant du théâtre", artiste dramatique, docteur ès lettres et dernière thésarde de Georges Couton, auteur de deux livres d’histoire du théâtre, Michèle Venard, par la lecture expressive, mène aussi, au sein de la compagnie En Perce Théâtre, le projet lectures "à voix haute et nue" © d'auteurs très, peu ou mal entendus.

Atelier nomade souple, suscitant, là où il a lieu, un Studio de Lectures et d'écoute,l'Atelier Permanent de Lectures et d'écoute existe depuis la Revue Parlée de Blaise Gautier au Centre Pompidou,où Michèle Venard, déjà,lisait Gombrowicz, Pound,  ou de Roux... À partir de 2003,  après un accident qui la priva de la marche, elle réactive son activité de lectrice, en province (Kafka, Bachelard, Hardellet, Rilke, Schultz, Bernanos), au Salon International du Livre de Ouessant, à Paris (au Nord-Ouest Claudel, Montherlant, Bloy) à la Maison des Métallos.(mise en scène-événement captée par Radio-France 8 heures de Présence théâtrale de Jean Gillibert, diffusées sur France - Culture),  à la Crypte de la Madeleine ( J-M Turpin)   à la Crypte Saint Denys ( Pierre  Boudot) au théâtre du Centre 6 (Stendhal, Poe, Villiers de l’Isle Adam, James, Verlaine MaupassantTchekhov, Joyce, Yourcenar, Gombrowicz, Highsmith, Mishima), au théâtre Pandora (Woolf, Zweig; Andersen, Pirandello, Moravia, Hemingway, Faulkner, Conrad, Lawrence, Hamsun, Lagerkvist, Morante, Green, Borges, Tanizaki, Andric, Kessel, Morand, Kawabata, Grossman,Giono, Bierce,Rilke, Blixen, Gracq,  London, Baudelaire, Dickens, Cendrars, Jouve, Dostoïevski, Llosa, Wilde, Bounine, Steinbeck, Gide, Joseph Roth, Djuna Barnes

Arthur Rimbaud; Georges Bernanos; Albert Cossery; Michel Ossorguine; Mikhaïl Boulgakov;  Miguel Torga ; F Scott Fitzgerald; Jean-Louis Joliot Albert Camus;  Doris Lessing; Richard Millet; Alice Munro; Gabriel Garcia-Marquez; Paul Gadenne  ...  à l'Odéon (Jean Gillibert) ;  au Grand Auditorium du  Crédit Foncier, au théâtre des  2 Rêves, au théâtre du Petit Hébertot, au théâtre du Gymnase,  au théâtre Branoul de la Haye...

 

"à voix haute et nue"© valorise les circuits courts.

Ainsi, La Compagnie En Perce animée avec l'acteur Christian Fischer, non seulement rédige et actionne des projets artistiques, culturels, ou de formation à l'expression orale et d'initiations à l'art de dire, de Conseil aux dirigeants, des séminaires pour l’Entreprise, mais encore, elle organise, à la demande de ses adhérents, soirées littéraires, (Bachelard à Bar sur Aude, Jean-Marie Turpin à La Madeleine, Pierre Boudot à la Crypte Saint Denys…) lectures, rencontres, conférences, spectacles…

En Perce insuffle, de plus, un nouveau projet, la Fédération de lecteurs

 

 (renseignements à l'issue d'une séance publique)

  programmation saison 2014-2015 «à voix haute et nue»© Lectures publiques de Michèle Venard

Paul Gadenne en lecture publique


 

 

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