Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 10:56

Située 12I, rue de Ménilmontant, à l'angle de la rue des Pyrénées, , une "Folie" du 18ème à laquelle le premier propriétaire Nicolas Carré de Baudoin avait fait rajouter dans son pavillon Pompadour des colonnes à l'antique, est depuis sa vente, en 1971, propriété de la Ville de Paris qui gère administrativement le bâtiment.

Les frères Goncourt évoqueraient "ce lieu enchanteur " richement décoré dans leur Journal, mais je n'ai pas trouvé trace de la citation qui donne un pompon culturel à l'édifice.

Dès 1836, le pavillon devient la propriété de l'église :

Peu à peu remplacées à partir de 1920 par des infirmières, infirmiers psychiatriques et aides soignantes laïques, les Sœurs en cornettes de la Charité de Saint Vincent de Paul qui jusqu'aux années 60 ont été des auxiliaires de santé dans les hospices et les asiles, fondent  l'asile des petits Orphelins puis le foyer de jeunes travailleurs en difficultés.

Ce lieu hautement social au bénéfice des plus démunis est maintenant ouvert gratuitement au public pour quelques manifestations que "gère artistiquement" la Mairie du 20ème arrondissement laquelle fait grand cas de la pratique amateur.

Ainsi sont actuellement exposés les dessins sur papier canson de Marcel Storr, cantonnier à la Ville et décédé en 1976.

Françoise Cloarec psychanalyste et Laurent Danchin, enseignant, connaisseur de l'art brut et commissaire de l'exposition, se sont penchés avec soin sur la vie pathétique, lot affreusement commun pour l'époque, du prolétaire Marcel Storr et sur la particularité de ses échappées par le dessin et la couleur. " il a poursuivi avec obstination la construction d'un univers parallèle au sein duquel il prenait chaque soir sa revanche contre sa condition ingrate et la misère de ses origines" écrivent-ils.

Né en 1911, enfant de l'Assistance publique, illettré, placé pour travailler dans des fermes, maltraité et rendu sourd par les coups, cet être, avec le cheminement du siècle qui traverse deux guerres mondiales et avec ses obligées avancées sociales, empile les petits boulots, plongeur, homme de ménage, et à partir de 1964, employé saisonnier à la Ville de Paris. Mais à la mort de sa compagne, concierge d'une école publique, il doit quitter le logement de fonction qu'ils occupaient et se précipite dans des phases délirantes déclarées.

Sa soixantaine de dessins coloriés puis vernissés, dont certains font l'objet dans l'exposition d'agrandissements photographiques qui accentuent la minutie obsessionnelle de la main de Storr, s'échelonnent entre 1930 et 1975. Ils marquent, et cela est bien compréhensible, plusieurs périodes dans la vie psychique du dessinateur et dans la prolifération de sa construction d'édifices.

L'œuvre qui va aussi ravir les enfants est découpée en 4 périodes par les organisateurs et est surtout largement commentée au point que le commentaire l'emporte. ô intimidation culturelle !

Une mère d'élève qui s'intéressa aux occupants de la loge de la gardienne de l'école de sa fille et à laquelle Storr confia ses dessins dont elle est devenue propriétaire, raconte son entrevue avec Storr, hors du monde. À elle revient le mérite d'avoir cherché à faire émerger cette œuvre et à trouver les bons réseaux.

Hier au vernissage, une  dame embijoutée chuchotait, "ça doit valoir cher maintenant".

 

En février, le pavillon Carré de Baudoin présentera " autour de l'exposition" le livre objet du bien vivant artiste peintre Jean de Maximy "Suite inexacte en Homologie Singulière".

Ce livre, préfacé par l'architecte Claude Parent, l'inventeur du concept d'architecture oblique, reproduit les dessins d'une œuvre majeure de Jean de Maximy, une somme,  exposée dans son intégralité en 1997 à l'Espace Saint Jean de Melun et en 2010 à la Maison Rouge à Paris : longue de 82 mètres, sa Suite de dessins à la plume, structures oniriques, fantastiques, hallucinées, toujours parfaitement maîtrisées et construites, a un impact mystérieux sur autrui. La Suite de Maximy, tellement originale et forte qu'elle échappe au commentaire, laisse avec pudeur le spectateur libre de ses émotions.

Antoine de Maximy que la télévision a rendu populaire, présentera lors de la valorisation du livre objet de son père au Carré de Baudoin son premier film consacré aux architectures spontanées de l'extraordinaire Chomo.

Chomo, ami de Jean lequel fut l'un des premiers artistes à reconnaître l'œuvre de l'ermite de la forêt de Fontainebleau en parle avec émotion et pertinence. C'est lui Jean de Maximy, toujours généreux et enthousiaste, fraternel, qui a fait connaître Chomo au pétillant Laurent Danchin, devenu depuis et à partir de Chomo, un spécialiste reconnu de l'Art brut.

 

Au Pavillon Carré de Baudoin 75020 (desservi par les bus 26 et 96, )

Marcel Storr bâtisseur visionnaire du 16 décembre 2011 au 10 mars 2012

Jean de Maximy, Antoine de Maximy  -Utopies savantes, utopies brutes

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de michele-venard.over-blog.com
  • Le blog de michele-venard.over-blog.com
  • : Lectures publiques d'auteurs de la littérature mondiale. Critiques en mémoire. Les historiens du regard mémoires pour servir à l'histoire du théâtre
  • Contact

activités d'artiste

Michèle Venard lit Alice Munro

2014-2015

2014-2015

 

Metteur en scène d'une quinzaine de spectacles professionnels joués à Paris, en province et à l'étranger, ( dont Kafka, Jarry, Sade...) à la forme théâtrale "rapide, surprenante, esthétique", "mettant comme l'écrit Jean Gillibert, les acteurs en responsabilité de jeu. C'est souvent très fort et peu usité dans le monde actuel, formaliste et esthétisant du théâtre", artiste dramatique, docteur ès lettres et dernière thésarde de Georges Couton, auteur de deux livres d’histoire du théâtre, Michèle Venard, par la lecture expressive, mène aussi, au sein de la compagnie En Perce Théâtre, le projet lectures "à voix haute et nue" © d'auteurs très, peu ou mal entendus.

Atelier nomade souple, suscitant, là où il a lieu, un Studio de Lectures et d'écoute,l'Atelier Permanent de Lectures et d'écoute existe depuis la Revue Parlée de Blaise Gautier au Centre Pompidou,où Michèle Venard, déjà,lisait Gombrowicz, Pound,  ou de Roux... À partir de 2003,  après un accident qui la priva de la marche, elle réactive son activité de lectrice, en province (Kafka, Bachelard, Hardellet, Rilke, Schultz, Bernanos), au Salon International du Livre de Ouessant, à Paris (au Nord-Ouest Claudel, Montherlant, Bloy) à la Maison des Métallos.(mise en scène-événement captée par Radio-France 8 heures de Présence théâtrale de Jean Gillibert, diffusées sur France - Culture),  à la Crypte de la Madeleine ( J-M Turpin)   à la Crypte Saint Denys ( Pierre  Boudot) au théâtre du Centre 6 (Stendhal, Poe, Villiers de l’Isle Adam, James, Verlaine MaupassantTchekhov, Joyce, Yourcenar, Gombrowicz, Highsmith, Mishima), au théâtre Pandora (Woolf, Zweig; Andersen, Pirandello, Moravia, Hemingway, Faulkner, Conrad, Lawrence, Hamsun, Lagerkvist, Morante, Green, Borges, Tanizaki, Andric, Kessel, Morand, Kawabata, Grossman,Giono, Bierce,Rilke, Blixen, Gracq,  London, Baudelaire, Dickens, Cendrars, Jouve, Dostoïevski, Llosa, Wilde, Bounine, Steinbeck, Gide, Joseph Roth, Djuna Barnes

Arthur Rimbaud; Georges Bernanos; Albert Cossery; Michel Ossorguine; Mikhaïl Boulgakov;  Miguel Torga ; F Scott Fitzgerald; Jean-Louis Joliot Albert Camus;  Doris Lessing; Richard Millet; Alice Munro; Gabriel Garcia-Marquez; Paul Gadenne  ...  à l'Odéon (Jean Gillibert) ;  au Grand Auditorium du  Crédit Foncier, au théâtre des  2 Rêves, au théâtre du Petit Hébertot, au théâtre du Gymnase,  au théâtre Branoul de la Haye...

 

"à voix haute et nue"© valorise les circuits courts.

Ainsi, La Compagnie En Perce animée avec l'acteur Christian Fischer, non seulement rédige et actionne des projets artistiques, culturels, ou de formation à l'expression orale et d'initiations à l'art de dire, de Conseil aux dirigeants, des séminaires pour l’Entreprise, mais encore, elle organise, à la demande de ses adhérents, soirées littéraires, (Bachelard à Bar sur Aude, Jean-Marie Turpin à La Madeleine, Pierre Boudot à la Crypte Saint Denys…) lectures, rencontres, conférences, spectacles…

En Perce insuffle, de plus, un nouveau projet, la Fédération de lecteurs

 

 (renseignements à l'issue d'une séance publique)

  programmation saison 2014-2015 «à voix haute et nue»© Lectures publiques de Michèle Venard

Paul Gadenne en lecture publique


 

 

Recherche