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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 13:23

Les Saônes à l’étoile du Nord

 

La « Compagnie Chenevoy » porte le nom de son metteur en scène. Un metteur en scène a des idées théâtrales. De ces idées qui, mises en volume sur le plateau, signent l’aboutissement ou non d’une forme artistique. Quand elle est réussie, tous les éléments du spectacle, textes, corps, décors, musiques, lumières, costumes jouent ensemble.

Ce metteur en scène là s’attelle, «compagnonnage»  écrit-il, à la pièce de Catherine Zambon qui mêle avec talent fantastique et réalisme,  ceux d’Edgar Poe ou du Horla de Maupassant.

Avec quelles idées créatives ?

Premier temps du travail d’un metteur en scène : la distribution et la conduite d’acteurs.

Puisque, dans la pièce, les personnages sont en en attente, les acteurs restent assis ou debout. Et même, debout - figés quand d’autres parlent, côté cour ou côté jardin. Aucune situation n’est traitée physiquement sur le plateau. Les acteurs ne sont conduits dans aucun travail profond. Ils donnent de la voix ou l’étranglent pour marquer l’émotion. C’est ça aussi, le vieux théâtre si souvent exprimé sur les scènes françaises ou dans les dramatiques TV à succès : la seule émission vocale et l’anecdotique constant. Parfois leur corps parle, (et se détache le vrai tempérament d’actrice de la plus jeune de la troupe) Mais les corps sont mal poussés par l’œil extérieur du metteur en scène. Or, c’est dans la descente intérieure, à fois en largeur et en épaisseur, que commence le travail d’acteur. Lisez les pages de L’acteur en création écrites par Jean Gillibert, praticien. Tout est dit pour qui sait le lire. Ensuite, il faut le faire.

 

Deuxième temps du travail mené en simultané, celui avec les autres artistes

Heureusement pour la pièce, un excellent compositeur, Alain Lithaud, en a saisi l’esprit profond et composé une musique subtile et grave, mystérieuse. Un éclairagiste de grand talent, expérimenté et cultivé, traite d’une manière picturale (on pense à Le Nain ou La Tour, à Guardi) le plateau, et avec un génie en adéquation avec le sens du texte, éclaire les scènes et un espace malheureusement dépourvu également de toute idée scénographique. Idées rendues d’ailleurs impossibles par la platitude de l’inspiration du metteur en scène.

Cette excellence de la vision des artistes qui ont depuis longtemps fait leurs preuves ailleurs, hisse le travail du metteur en scène et le rend acceptable. Cependant la différence de niveaux crée un porte à faux qui laisse le spectateur entre deux.

Une mise en scène, vue comme une conduite de projet pratiquée dans l’entreprise, peut s’apprendre. Mais, une mise en scène artistique s’enseigne-t-elle ? Le théâtre de la Cité Universitaire que dirige hélas Nicole Gautier, ex ONDA, vient de programmer le triomphe des singeries, collages, clichés, avec citations des trucs et effets de mises en scènes antérieures, d’une pièce classique «mise en scène» sans esprit et sans cœur, loin loin du texte, par un de ces récents «formés» à grand renfort de subventions dans une nouvelle  école d’état.

Mais cet autre metteur en scène, celui des Saônes, lui,  vient d’une autre famille, pas mondaine celle-là.

Il chemine en Région et enfin parvient à trouver les moyens de travailler et de venir se montrer à Paris.(est-ce bien nécessaire?)  Mais, lui aussi, qu’a-t-il à dire théâtralement?

Certes, il connaît la musique des productions à engranger et les arcanes des dossiers à remplir. Il est directeur d’une Compagnie régionale et est soutenu par les bureaux culturels -Conseil Régional et Département- de la Picardie où il est «implanté», subventionné aussi par l’administration ministère de la Culture via la DRAC de laquelle il faut se faire bien voir par un discours lisse et consensuel. Via le «réseau», encore vivace des amitiés parfois syndicales, son spectacle tourne. Les participants du spectacle sont payés. Une pièce contemporaine de plus est montée. Les employés culturels font leur besogne et, en soutenant l’entreprise, celle-ci ou une autre, justifient de leurs salaires (25% du budget de la Culture pour son Administration) Les spectateurs sont souvent contents. Les Inspecteurs de la DMDTS aussi.

Alors?

Que vouloir donc de plus ?

 

Pas de place pour les inassouvis.

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Published by michele-venard.over-blog.com - dans critiques de théâtre
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Michèle Venard lit Alice Munro

2014-2015

2014-2015

 

Metteur en scène d'une quinzaine de spectacles professionnels joués à Paris, en province et à l'étranger, ( dont Kafka, Jarry, Sade...) à la forme théâtrale "rapide, surprenante, esthétique", "mettant comme l'écrit Jean Gillibert, les acteurs en responsabilité de jeu. C'est souvent très fort et peu usité dans le monde actuel, formaliste et esthétisant du théâtre", artiste dramatique, docteur ès lettres et dernière thésarde de Georges Couton, auteur de deux livres d’histoire du théâtre, Michèle Venard, par la lecture expressive, mène aussi, au sein de la compagnie En Perce Théâtre, le projet lectures "à voix haute et nue" © d'auteurs très, peu ou mal entendus.

Atelier nomade souple, suscitant, là où il a lieu, un Studio de Lectures et d'écoute,l'Atelier Permanent de Lectures et d'écoute existe depuis la Revue Parlée de Blaise Gautier au Centre Pompidou,où Michèle Venard, déjà,lisait Gombrowicz, Pound,  ou de Roux... À partir de 2003,  après un accident qui la priva de la marche, elle réactive son activité de lectrice, en province (Kafka, Bachelard, Hardellet, Rilke, Schultz, Bernanos), au Salon International du Livre de Ouessant, à Paris (au Nord-Ouest Claudel, Montherlant, Bloy) à la Maison des Métallos.(mise en scène-événement captée par Radio-France 8 heures de Présence théâtrale de Jean Gillibert, diffusées sur France - Culture),  à la Crypte de la Madeleine ( J-M Turpin)   à la Crypte Saint Denys ( Pierre  Boudot) au théâtre du Centre 6 (Stendhal, Poe, Villiers de l’Isle Adam, James, Verlaine MaupassantTchekhov, Joyce, Yourcenar, Gombrowicz, Highsmith, Mishima), au théâtre Pandora (Woolf, Zweig; Andersen, Pirandello, Moravia, Hemingway, Faulkner, Conrad, Lawrence, Hamsun, Lagerkvist, Morante, Green, Borges, Tanizaki, Andric, Kessel, Morand, Kawabata, Grossman,Giono, Bierce,Rilke, Blixen, Gracq,  London, Baudelaire, Dickens, Cendrars, Jouve, Dostoïevski, Llosa, Wilde, Bounine, Steinbeck, Gide, Joseph Roth, Djuna Barnes

Arthur Rimbaud; Georges Bernanos; Albert Cossery; Michel Ossorguine; Mikhaïl Boulgakov;  Miguel Torga ; F Scott Fitzgerald; Jean-Louis Joliot Albert Camus;  Doris Lessing; Richard Millet; Alice Munro; Gabriel Garcia-Marquez; Paul Gadenne  ...  à l'Odéon (Jean Gillibert) ;  au Grand Auditorium du  Crédit Foncier, au théâtre des  2 Rêves, au théâtre du Petit Hébertot, au théâtre du Gymnase,  au théâtre Branoul de la Haye...

 

"à voix haute et nue"© valorise les circuits courts.

Ainsi, La Compagnie En Perce animée avec l'acteur Christian Fischer, non seulement rédige et actionne des projets artistiques, culturels, ou de formation à l'expression orale et d'initiations à l'art de dire, de Conseil aux dirigeants, des séminaires pour l’Entreprise, mais encore, elle organise, à la demande de ses adhérents, soirées littéraires, (Bachelard à Bar sur Aude, Jean-Marie Turpin à La Madeleine, Pierre Boudot à la Crypte Saint Denys…) lectures, rencontres, conférences, spectacles…

En Perce insuffle, de plus, un nouveau projet, la Fédération de lecteurs

 

 (renseignements à l'issue d'une séance publique)

  programmation saison 2014-2015 «à voix haute et nue»© Lectures publiques de Michèle Venard

Paul Gadenne en lecture publique


 

 

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