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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 11:35

 

 

Ainsi, l’œuvre est accomplie : les structures théâtrales maillent le territoire.

Des équipes d’artistes du plateau compétents et imaginatifs, pourraient en assurer le fonctionnement artistique de permanente manière. après avoir construit le public, les équipes, en se relayant, entreraient dans les lieux et les animeraient. Anima.

 

Mais le modèle est inversé et pyramidal. Plus couru. Moins novateur : Nomination d’un directeur ou d’un couple, fabricant de spectacles et/ou programmeur du réseau, appel au public ensuite.

Les poignées de directeurs, metteurs en scène de l’institution théâtrale, en places et salaires fixes, aux moyens de production diversifiés, sont nommés. Et s’organise alors, dans un système usé, le jeu des chaises musicales - du cumul des mandats – et pour certains, des occupations du sol et des budgets au-delà de l’âge de la retraite. Sphère du pouvoir. Du prestige. Et de l’argent. Le Ministère.

 

Partir à l’assaut d’une direction, « profiter du système » : Les plus cyniques et les mieux conseillés, jeunes ou moins jeunes tiennent les discours admis. Les plus maladroits déplaisent. Ils écrivent, protestent, demandent justice et des répartitions d’argent autres pour réussir à travailler. Ils sont exclus ou en relégation, interdits, dans les faits, et certains, par leurs pairs, d’exercer leur métier et de gagner leur vie avec leur compétence et leur savoir–faire. Leur savoir-voir.

Eux, c’est sûr, ne seront jamais nommés. Dans le petit cercle des Verdurin, très présent cet été en Avignon, la liberté de parole est condamnée, les voix discordantes, disqualifiées.

 

Mais, dira, à juste titre, l’administration ministère de la Culture et de la Communication « Nous aidons les artistes et on ne peut pas aider tout le monde ! »

En effet. Les Directions Régionales et leurs Commissions n’ont qu’une petite enveloppe pour quelques artistes indépendants rescapés et adossés ponctuellement à une structure théâtre.

Elles se sont ainsi débarrassées des artistes en équipe dont le parcours avait du sens pour attribuer des aides ponctuelles à des «projets» choisis et appuyés ponctuellement par des structures théâtrales du monde politico-socio-culturel. Du bon usage de l’intermittence ?

 

«L’aide à la création» de la Direction Centrale pour aider au montage d’une pièce, affiche, hors de toute expertise écrite, un discours blanc. Or, rien n’est plus ardu et long à lire qu’une vraie pièce et justement, une pièce artistiquement intéressante à monter, résiste à la lecture. Elle ne peut donc faire l’unanimité demandée par le Service.

 

Alors, comment faire pour réussir à avoir les moyens de monter une pièce, puis une autre, librement choisies, dans des conditions professionnelles, et pour gagner sa vie ? Il faudrait être directeur ! Et pour y arriver, se donner non pas les moyens, artistiques, culturels, humains, éthiques pour aborder les œuvres, mais les moyens de pressions politiques ! Quel détour ! Pervers. Et asséchant. Pour un artiste.

 

Aussi, comment ne pas se désintéresser de la course aux nominations verrouillantes, de la jouissance morbide des frustrations, coteries, pressions, courtisaneries, malapriseries, gitonneries, macérations dans un même jus aussi peu créatif et si bien relayé?

Revenir modestement aux sources, à la seule ambition qui vaille pour un artiste, l’ambition artistique. S’aérer la tête. Lire les œuvres. Regarder les tableaux, les films, les pièces. écouter les musiques. Connaître les témoignages, essais, traités des praticiens créatifs et réflexifs dont les plus vifs de nos contemporains s’appellent Brook ou Jean Gillibert. Et sur le plateau, résister à la dévaluation de l’art de l’acteur. Retrouver l’imagination du jeu, la beauté et la vérité au théâtre. Reprendre le dialogue profond et insensé entre l’être et le paraître, le réel et l’illusion, nouer avec un théâtre qui renouvelle la vie mais qui ne distrait pas l’écoute, un îlot de résistance où l’homme est à révéler et non à biffer….

 

Il y a–t-il encore, sur le territoire national, des interlocuteurs vivants pour accueillir les artistes du théâtre porteurs de ces valeurs - là ?

 

Michèle Venard

  est artiste dramatique, metteur en scène, et auteur de deux livres d’histoire du théâtre.Elle intervient en Entreprise en expression et communication, et comme Conseil pour  des actions culturelles et artistiques.

 

 

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activités d'artiste

Michèle Venard lit Alice Munro

2014-2015

2014-2015

 

Metteur en scène d'une quinzaine de spectacles professionnels joués à Paris, en province et à l'étranger, ( dont Kafka, Jarry, Sade...) à la forme théâtrale "rapide, surprenante, esthétique", "mettant comme l'écrit Jean Gillibert, les acteurs en responsabilité de jeu. C'est souvent très fort et peu usité dans le monde actuel, formaliste et esthétisant du théâtre", artiste dramatique, docteur ès lettres et dernière thésarde de Georges Couton, auteur de deux livres d’histoire du théâtre, Michèle Venard, par la lecture expressive, mène aussi, au sein de la compagnie En Perce Théâtre, le projet lectures "à voix haute et nue" © d'auteurs très, peu ou mal entendus.

Atelier nomade souple, suscitant, là où il a lieu, un Studio de Lectures et d'écoute,l'Atelier Permanent de Lectures et d'écoute existe depuis la Revue Parlée de Blaise Gautier au Centre Pompidou,où Michèle Venard, déjà,lisait Gombrowicz, Pound,  ou de Roux... À partir de 2003,  après un accident qui la priva de la marche, elle réactive son activité de lectrice, en province (Kafka, Bachelard, Hardellet, Rilke, Schultz, Bernanos), au Salon International du Livre de Ouessant, à Paris (au Nord-Ouest Claudel, Montherlant, Bloy) à la Maison des Métallos.(mise en scène-événement captée par Radio-France 8 heures de Présence théâtrale de Jean Gillibert, diffusées sur France - Culture),  à la Crypte de la Madeleine ( J-M Turpin)   à la Crypte Saint Denys ( Pierre  Boudot) au théâtre du Centre 6 (Stendhal, Poe, Villiers de l’Isle Adam, James, Verlaine MaupassantTchekhov, Joyce, Yourcenar, Gombrowicz, Highsmith, Mishima), au théâtre Pandora (Woolf, Zweig; Andersen, Pirandello, Moravia, Hemingway, Faulkner, Conrad, Lawrence, Hamsun, Lagerkvist, Morante, Green, Borges, Tanizaki, Andric, Kessel, Morand, Kawabata, Grossman,Giono, Bierce,Rilke, Blixen, Gracq,  London, Baudelaire, Dickens, Cendrars, Jouve, Dostoïevski, Llosa, Wilde, Bounine, Steinbeck, Gide, Joseph Roth, Djuna Barnes

Arthur Rimbaud; Georges Bernanos; Albert Cossery; Michel Ossorguine; Mikhaïl Boulgakov;  Miguel Torga ; F Scott Fitzgerald; Jean-Louis Joliot Albert Camus;  Doris Lessing; Richard Millet; Alice Munro; Gabriel Garcia-Marquez; Paul Gadenne  ...  à l'Odéon (Jean Gillibert) ;  au Grand Auditorium du  Crédit Foncier, au théâtre des  2 Rêves, au théâtre du Petit Hébertot, au théâtre du Gymnase,  au théâtre Branoul de la Haye...

 

"à voix haute et nue"© valorise les circuits courts.

Ainsi, La Compagnie En Perce animée avec l'acteur Christian Fischer, non seulement rédige et actionne des projets artistiques, culturels, ou de formation à l'expression orale et d'initiations à l'art de dire, de Conseil aux dirigeants, des séminaires pour l’Entreprise, mais encore, elle organise, à la demande de ses adhérents, soirées littéraires, (Bachelard à Bar sur Aude, Jean-Marie Turpin à La Madeleine, Pierre Boudot à la Crypte Saint Denys…) lectures, rencontres, conférences, spectacles…

En Perce insuffle, de plus, un nouveau projet, la Fédération de lecteurs

 

 (renseignements à l'issue d'une séance publique)

  programmation saison 2014-2015 «à voix haute et nue»© Lectures publiques de Michèle Venard

Paul Gadenne en lecture publique


 

 

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